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J'entends tous les jours des commentaires qui sont du niveau de ce que les hommes se racontent - m'a t-on dit- dans les vestiaires du club de sport. Et ce qui me sidère, c'est de les voir si contents d'eux-mêmes. Je ne m'attendais pas du tout à ce que la société française soit si peu évoluée, si peu mixte, si peu civilisée. Dans le privé, pourtant, les hommes apprécient les femmes intelligentes avec lesquelles ils peuvent échanger des idées. Jamais vous n'entendrez quelqu'un fantasmer sur
la supposée sexualité d'un candidat, mais que n'entendons-nous
pas sur les femmes candidates. Ça me dégoûte.
Je ne connais pas Ségolène Royal, mais je me sens personnellement
humiliée par ce qui se dit sur elle aujourd'hui. Ses vestes
et ses robes font l'objet de commentaires permanents, elle porte des
talons ou elle n'en porte pas, elle met des bas, elle n'en met plus,
elle pourrait quand même adopter le bon vieux tailleur pantalon,
le blanc ne lui va pas, le rouge est agaçant, le noir est noir,
le bleu chichiteux. Je suis scandalisée de voir cette femme
sans cesse attaquée sur sa personne, son apparence. Dans la
bonne humeur générale. Le consensus enfin trouvé. Tout ce que l'on dit sur elle, sa voix, ses cheveux,
ses boucles d'oreille, sa syntaxe, ses bourdes, son entêtement,
son sens de la compassion ou sa dureté, est énoncé
pour la délégitimer, pour montrer qu'elle n'a pas sa
place à la tête de l'Etat. Geneviève Brisac.
Réponse de Sophie Cherer Oui, demandez-vous comment elles sont vêtues dans leur cercueil et comment sont coupés leurs cheveux, les 90 femmes qui meurent chaque année sous les coups de celui qui a prétendu les aimer ?
A part ça, Ségolène
Royal devrait cesser de quêter l'approbation des vieux cons
du PS, que je me refuserai toujours à appeler des éléphants,
et comprendre que l'espoir qu'elle a suscité, ils l'éteignent
par le vice de leur seule présence. Les vrais éléphants,
eux, savent se noyer dans les lacs quand ils ont fait leur temps...
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